Les tricycles
Cette histoire a pour thème «récompense» À maman Des années plus tard, ce dont elle se souviendra le plus facilement, c’est de l’odeur. Tout le cabanon embaumait jusqu’à l'écœurement la poussière, l’humidité et l’urine de chat. En ouvrant la porte, on soulevait de grands pans de poils, de débris du cabanon qui s’effritait avec les années et de cadavres d’insectes momifiés, datant probablement du jurassique. Des toiles d’araignées pendaient ici et là, inhabitées pour la plupart : un village fantôme d’étoiles et de mouches mortes. Dans le coin droit, caché comme si on ne se faisait pas à l’idée de s’en débarrasser pour de bon, était dissimulée une tondeuse. Mathilde n’avait jamais compris ce que faisait une machine à couper le gazon dans le cabanon, puisque la cour arrière était asphaltée à grandeur. Pourtant elle y trônait, fière et inutile, parmi les outils, les pelles, les bêches et les vieux clous. On avait pendu jadis des rideaux fleuris aux fenêtres pour faire de...